Yves Lamy, nouvel administrateur aux PLQ

Yves Lamy est le nouveau président des Producteurs de lait de la Mauricie. Il veut assurer la durabilité des fermes laitières dans sa région comme dans l’ensemble du Québec.

Yves Lamy est engagé dans sa communauté et dans le milieu agricole depuis longtemps. Il a notamment été président d’une coopérative de machinerie, membre du regroupement de la relève agricole et administrateur dans les instances de l’Union des producteurs agricoles (UPA). En 2005, il a commencé à siéger au conseil d’administration des Producteurs de lait de la Mauricie et il en est devenu le président en avril dernier. « J’ai toujours aimé m’impliquer. C’est le cheminement naturel qui m’a poussé à devenir président de ma région », dit-il humblement.

Yves affirme avoir toujours eu un grand intérêt à s’investir au sein des Producteurs de lait du Québec. « Ça me parle plus, révèle-t-il. Je suis plus quelqu’un de spécialité que de généralité. » Il fait ici référence à son engagement à l’UPA où il lui semblait parfois ardu de concilier les besoins de tous les producteurs agricoles. « Je trouvais difficile de défendre à la fois la gestion de l’offre et les autres modèles de production », précise-t-il. Yves apprécie aussi grandement l’environnement de travail des PLQ : « La structure est bien faite. Les gens sont compétents et c’est plaisant de travailler avec eux. »

Ses priorités comme administrateur

Une de ses priorités en tant que nouveau membre du conseil d’administration des PLQ est de trouver des solutions pour favoriser la pérennité des fermes laitières, notamment dans sa région. « La diminution du nombre de fermes en Mauricie me préoccupe beaucoup, déclare Yves. J’ai travaillé sur une formule pour favoriser la rétention de quota dans ma région, mais elle n’a pas été retenue. » Rappelons que les règles de négociabilité et de transferts des quotas par le Système centralisé de vente de quota (SCVQ) ont été modifiées il y a quelques années en faveur de deux régions : l’Abitibi-Témiscamingue et la Gaspésie-Les Îles. « La Mauricie ne répond pas aux critères, et c’est correct », ajoute celui qui souhaite poursuivre les efforts pour préserver un maximum de fermes dans sa région.

Il tient aussi à faire découvrir aux producteurs les bénéfices du programme proAction et l’importance de l’objectif de carboneutralité de l’organisation. Il affirme : « Quand tu sais pourquoi tu fais quelque chose, ça donne plus envie de le faire. »

Yves Lamy a également à cœur de préserver l’équité entre les producteurs et de surveiller de près les négociations en vue de futurs accords commerciaux que le Canada pourrait signer. « Je veux m’impliquer dans ce dossier pour les producteurs de ma région et pour ceux de l’ensemble du Québec », dit-il.

Une entreprise en croissance

Yves Lamy est la quatrième génération à prendre les rênes de la Ferme Jemeric inc., située à Yamachiche. « Mon frère et moi avons acheté l’entreprise, avec nos épouses, en 1988, mais en 2006, on l’a scindée en deux. Ma conjointe, Diane Lessard, et moi avons gardé le volet laitier et mon frère et sa femme, celui des grandes cultures biologiques », précise-t-il. L’entreprise possède un quota de 100 kg de matière grasse et compte 105 têtes. « On ne fait pas tout le quota pour le moment. On aimerait agrandir l’entreprise et avoir une étable à robot, mais quand on regarde les prix, on a le vertige, révèle le nouvel administrateur. En plus, la ville de Yamachiche n’accorde plus de permis de construction actuellement à cause du manque d’eau potable. C’est un autre élément qui vient mettre notre projet sur pause. »

Il poursuit : « Nos bâtiments sont un peu vieux, mais ils sont déjà conformes aux nouvelles normes du code de pratiques. On a fait des rénovations en 2007. » Le bâtiment principal regroupe les vaches en lactation et le parc de vêlage. La relève du troupeau se trouve dans un espace adjacent.

Yves peut compter sur l’aide de ses fils Étienne, 30 ans, et Jérémie, 33 ans, dans la gestion de la ferme. Il leur délègue de plus en plus de responsabilités afin d’avoir le temps nécessaire pour réaliser pleinement son nouveau rôle au sein du conseil d’administration des PLQ. Étienne s’occupe du troupeau laitier et Jérémie des terres et des grandes cultures. Il exploite aussi une entreprise de déneigement. « On a un peu plus de 1 000 acres, précise-t-il. On cultive du maïs grain, du soya, du blé d’alimentation et des haricots secs cranberry. » Dans cette famille d’entrepreneurs, tout le monde est donc bien occupé. « Quand on n’a rien à faire, on s’ennuie », dit-il tout simplement.

L’agriculture comme passion

Yves a toujours voulu reprendre l’entreprise familiale et il ne changerait pas de métier. « J’aime beaucoup être dans la nature, dit-il. Travailler dans les champs le soir avec un coucher de soleil en arrière-plan, c’est magnifique. » Yves apprécie également le contact avec les animaux et pouvoir veiller à leur bien-être. « Chez nous, on prend le temps de jouer avec les veaux et de toucher les animaux. Ça fait qu’ils nous connaissent et n’ont pas peur de nous », explique le producteur. Les vaches sont d’ailleurs très calmes et lorsque Yves s’approche, elles se déplacent vers lui instantanément. « Les vétérinaires nous disent souvent que c’est facile de travailler chez nous parce que nos vaches sont habituées au contact humain », ajoute-t-il.

Yves est heureux de partager son quotidien avec sa famille à la ferme. Une de ses grandes fiertés est de voir ce que l’entreprise est devenue à travers les années. Il conclut : « Quand je regarde la croissance de l’entreprise, je suis fier. On a réussi à évoluer sans trop s’endetter. »