En quoi les PSLC diffèrent-ils des autres systèmes de logement?
Comme les litières profondes traditionnelles, les PSLC sont de vastes espaces ouverts sans stalles, où les vaches peuvent se reposer, faire de l’exercice et interagir socialement. Les litières profondes traditionnelles sont des litières anaérobies auxquelles on ajoute quotidiennement de la litière fraîche (souvent de la paille), tandis que les parcs sur litière compostée (PSLC) sont des systèmes aérobies qui ont besoin d’oxygène pour fonctionner correctement. Les PSLC utilisent une litière fine et sont remués deux fois par jour pour favoriser le processus de compostage. Le tableau 1 présente les avantages et les inconvénients des PSLC par rapport à d’autres systèmes de logement.
Comment fonctionnent les PSLC?
Les PSLC s’appuient sur le compostage pour gérer l’humidité, offrir un espace de repos confortable aux vaches et produire un matériau pouvant être épandu sur les terres comme engrais solide. Le compostage nécessite de gérer un environnement propice aux micro-organismes qui ont besoin d’oxygène, d’humidité et d’un rapport carbone/azote (C:N) équilibré. Dans les PSLC, le fumier apporte l’azote et l’humidité, tandis que la litière fournit le carbone. Le brassage de la masse ajoute de l’oxygène et incorpore le fumier frais. L’activité microbienne génère de la chaleur, ce qui aide à sécher la litière. Si la litière devient trop humide ou compactée, les niveaux d’oxygène diminuent, ce qui ralentit ou arrête le processus de compostage.
Comment assurer la bonne gestion des PSLC?
Les PSLC sont des systèmes dynamiques qui nécessitent une gestion proactive et adaptable.
Aération : le fait de travailler ou de remuer le mélange compacté ajoute de l’oxygène, brise les mottes et libère l’humidité. Le PSLC doit être travaillé deux fois par jour, tous les jours, et cela prend généralement de 10 à 30 minutes chaque fois, selon la taille du parc et l’équipement utilisé.
Équipement : divers équipements peuvent être utilisés s’ils permettent de briser les mottes, ne laissent pas de fumier visible et travaillent le sol à une profondeur d’au moins 20 cm (8 po), idéalement 30 cm (12 po). Les options comprennent les rotoculteurs, les cultivateurs, les sous soleuses et les fraises rotatives.
Ajout de litière : la litière alimente le compost et aide à contrôler l’humidité; elle doit être ajoutée avant que la masse ne devienne humide. La fréquence et la quantité ajoutée dépendent de facteurs tels que les conditions météorologiques et saisonnières, la ventilation, la densité animale, le type de litière et l’équipement disponible.
Matériau de litière : les matériaux secs, fins et riches en carbone, comme la sciure de bois dur séchée au four, conviennent bien aux PSLC. D’autres matières organiques peuvent être utilisées en fonction de leurs caractéristiques, notamment leur teneur en carbone et la taille de leurs particules. Les particules plus petites se décomposent plus rapidement, tandis que les particules plus grosses peuvent réduire le compactage excessif.
Vidange des parcs : certains parcs sur litière compostée sont vidés une ou deux fois par an, tandis que d’autres ne le sont jamais. La fréquence du nettoyage dépend du taux et de l’efficacité du compostage ainsi que des préférences du producteur en matière d’épandage sur le terrain. Laisser en place environ le quart le plus sec de la masse aide à inoculer le nouveau matériau ajouté. Il est préférable de démarrer ou de redémarrer un tas entre le printemps et le début de l’automne, afin de laisser le temps à la chaleur de se développer de nouveau.
Densité de peuplement : la densité optimale de vaches dépend de nombreux facteurs, notamment le climat, la litière, la gestion des parcs, la ventilation et la conception de l’étable. La densité minimale requise pour les parcs au Canada est de 9,3 m² (100 pi²) par vache, mais il est recommandé qu’elle soit d’au moins 13,9 m² (150 pi²) par vache pour les nouvelles constructions et la croissance future du troupeau. Les PSLC sont sensibles à la surpopulation, qui entraîne une augmentation de l’humidité de la masse, une utilisation accrue de la litière (et donc des coûts), des vaches sales et un risque accru de mammite environnementale.
Comment savoir si mon PSLC est efficace?
Une évaluation quotidienne est nécessaire. Les signes indiquant que le PSLC opère correctement sont une surface moelleuse et uniforme, une odeur minimale et des vaches propres qui marchent facilement dans le parc. Les indicateurs d’un PSLC en difficulté sont la présence de matière agglomérée, des vaches sales, des roues de tracteur luisantes (indiquant une humidité excessive) et des vaches qui ont du mal à marcher. La teneur en humidité idéale est de 40 à 60 % et la température du compost doit dépasser 43 °C. Des températures plus basses sont courantes, mais si la température du tas correspond à la température ambiante, le compostage est probablement inactif. Des échantillons peuvent être envoyés à un laboratoire pour être évalués, notamment pour déterminer le ratio C:N.
Autres considérations relatives aux PSLC
Hygiène de traite : la préparation des trayons doit être excellente afin de réduire les risques liés à la santé des pis ou à la qualité du lait. Consultez votre vétérinaire pour obtenir des conseils sur les stratégies de prévention de la mammite et les programmes de vaccination.
Ventilation : les PSLC libèrent une grande quantité d’humidité, ce qui nécessite une ventilation efficace pour l’évacuer de l’étable. Les systèmes automatiques sont recommandés. Choisissez un constructeur qui comprend bien les exigences de ventilation spécifiques aux PSLC.
Gestion saisonnière : les PSLC sont difficiles à gérer pendant les mois les plus froids en raison de la réduction de l’activité de compostage et de la circulation d’air restreinte.
Stockage et approvisionnement en litière : gardez la litière sèche et accessible. Assurez-vous d’avoir un approvisionnement régulier en litière et un espace de stockage suffisant. La disponibilité de la sciure de bois peut constituer une contrainte pour les PSLC.
Conception de l’étable : facilitez l’accès à l’équipement et la livraison de la litière. Maximisez la ventilation transversale.
Sources d’humidité : empêchez toute infiltration d’eau inutile dans la masse de compost par des abreuvoirs non protégés, la condensation provenant du plafond et des fuites de tuyaux.
Les PSLC peuvent-ils être utilisés pour les vaches taries?
La réponse est oui. Cependant, aucune étude publiée n’évalue actuellement leur utilisation comme logement pour les vaches taries. Les avantages des PSLC en ce qui a trait au confort des vaches s’appliquent également aux vaches taries, et des données empiriques provenant de l’Ontario suggèrent que les PSLC peuvent constituer une option de logement efficace pour ces vaches. Les producteurs font état d’expériences positives, notamment une aération moins fréquente (une fois par jour ou tous les deux jours) et une moindre quantité de litière nécessaire, grâce à un fumier plus sec. Certains producteurs indiquent qu’ils n’ont pas besoin de vider le parc. Bien que les PSLC pour vaches taries ne soient pas confrontés au même problème d’humidité que les PSLC pour vaches en lactation, l’espace par vache ne doit pas être compromis. Au contraire, un espace encore plus grand dans les PSLC pour vaches taries peut contribuer à réduire le stress et à améliorer leur confort et leur santé.
À retenir
Les PSLC peuvent offrir de nombreux avantages pour le confort des vaches et nécessitent un style de gestion adaptable et proactif. Une bonne aération du compost, une gestion adéquate de la densité animale, l’ajout d’une litière suffisante et une bonne ventilation sont essentiels pour favoriser le compostage. Ces systèmes peuvent rapidement échouer s’ils ne sont pas gérés correctement, en particulier en ce qui concerne l’excès d’humidité. Une masse trop humide ralentira et arrêtera le compostage. Si vous envisagez d’installer un PSLC, discutez avec des producteurs qui en possèdent un et visitez leurs fermes. Consultez des spécialistes qui connaissent bien les PSLC et choisissez un constructeur qui a de l’expérience avec ces systèmes.
Pour en savoir plus, consultez le portail Constru+ de Lactanet.
Références
Leso, L. et al. (2020). Invited review: Compostbedded pack barns for dairy cows. J Dairy Sci, 103(2), p. 1072-1099.
Fernández, A et al. (2020). Impacts of compost bedded pack barns on the welfare and comfort of dairy cows. Animals, 10(3), p. 431.
CNSAE (2023). Code de pratiques pour le soin et la manipulation des bovins laitiers (p. 13-14). Ottawa, ON. Canada. https://www.nfacc.ca/ codes-de-pratiques/bovins-laitiers/code2023