Effectivement, les derniers mois n’ont pas été de tout repos. Normalement, l’examen de l’ACEUM devrait être bien entamé, mais force est de constater que, au moment d’écrire ces lignes, le processus progresse lentement. Cela signifie également que nous devons rester sur nos gardes et continuer de nous préparer afin de rappeler au gouvernement fédéral l’importance de respecter son engagement à exclure la gestion de l’offre de la table de négociation et que des concessions dans la gestion de l’offre sont simplement inadmissibles.
Et nous ne sommes pas les seuls, les producteurs, à le dire. Durant la dernière année, de nombreux appuis à notre modèle de mise en marché se sont exprimés. Commençons par les citoyens, les consommateurs : lors de récents coups de sonde, 83 % des répondants affirmaient que les gouvernements devaient faire tout en leur pouvoir pour protéger les producteurs de lait. Plus encore, 63 % notaient qu’ils auraient une opinion négative d’un gouvernement qui ferait des concessions dans notre secteur1 et 67 % des électeurs pensent que le gouvernement ne doit pas accepter de concessions2, même si ça veut dire que la relation avec les Américains risque de se détériorer.
Les municipalités appuient aussi nos entreprises, notamment en raison de l’importante contribution de notre secteur à l’économie des régions. Dans le milieu des affaires, la Fédération des chambres de commerce du Québec a réitéré sa position en faveur de la gestion de l’offre et demandé à ce qu’aucune concession ne soit faite pour notre secteur dans le cadre du processus d’examen. Dans son sillage, la Fédération a également fait adopter une position similaire à la Chambre de commerce du Canada, un changement de posture historique que nous saluons vivement, nous donnant un nouvel appui de taille sur la scène fédérale.
Mais ne nous assoyons pas sur nos lauriers, le travail n’est pas pour autant terminé. Le premier lundi d’octobre cette année, le 5 précisément, il y aura une élection pour les députés de l’Assemblée nationale du Québec. Le consensus actuel est que tous les partis qui y sont représentés appuient la mise en marché collective et la gestion de l’offre. Il ne tient qu’à nous de nous assurer que ce consensus soit maintenu.
C’est pourquoi nous devrons, dans les prochaines semaines, les prochains mois, continuer de faire connaître les retombées de notre secteur pour nous assurer que la question de la protection de notre modèle de mise en marché est présente dans les plateformes et les discours de tous les partis politiques majeurs au Québec. Pas seulement écrite en bas de page, dans un programme politique, pour l’éviter et cocher des cases. Nous allons devoir également nous assurer que tous les partis politiques réitèrent la position actuelle du premier ministre sortant, François Legault, selon laquelle la gestion de l’offre doit être placée à l’intérieur d’une ligne rouge et que, conformément à l’engagement du premier ministre Carney, la gestion de l’offre ne se trouve pas sur la table de négociation. Les partis politiques québécois devront aussi s’engager à défendre et protéger la mise en marché collective qui, elle, est entièrement de leur responsabilité.
Dans tout ce processus, nous allons bien entendu continuer d’informer et de mobiliser nos membres. Les producteurs de lait, dans toutes les régions, sont les meilleurs ambassadeurs de notre production et de notre modèle de mise en marché. Lorsque vous croiserez les candidats des formations politiques qui seront assurément sur le terrain dans les prochains mois, ne manquez pas l’occasion de leur parler de vos entreprises et de vos défis, de leur rappeler que leur appui est essentiel. Que l’appui du gouvernement du Québec à la production laitière et à l’agriculture en général est essentiel. Dans un contexte de tension commerciale avec notre voisin du sud, l’appui du gouvernement du Québec à la gestion de l’offre et la mise en marché collective est un incontournable. L’élection en octobre 2026 sera l’occasion de le renouveler.