Nos régions d’abord

Dans les dernières semaines, nous avons constaté l’appui unanime de la classe politique québécoise et canadienne à la gestion de l’offre, dans un contexte de conflit commercial avec nos voisins du Sud, notamment de la part du premier ministre du Québec, François Legault. Il s’agit d’une prise de position que nous saluons chaleureusement. L’appui à notre secteur ne peut toutefois se limiter à cette politique agricole.

À l’heure où le Québec a besoin d’investissements dans des entreprises qui ne vont pas se délocaliser, il pourrait faire d’une pierre deux coups en soutenant les investissements dans nos fermes laitières qui doivent se rendre conformes, ce qui entraînerait des retombées économiques importantes pour la vitalité de nos régions tout en soutenant un secteur clé de l’économie québécoise.

L’occupation de l’ensemble du territoire québécois, et son dynamisme, est une priorité pour les gouvernements ou elle ne l’est pas. Nous pensons qu’il est bénéfique à l’ensemble de la société de retrouver des emplois intéressants et des économies vibrantes dans tous les coins du Québec. Nos entreprises laitières, présentes dans toutes les régions, contribuent à ce dynamisme avec des fermes de taille humaine qui ont un impact sur l’économie en embauchant des gens, en donnant des contrats à des professionnels et en achetant matériaux et intrants dans des entreprises locales.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Depuis les cinq dernières années, les fermes laitières ont investi plus de 3,2 milliards en équipement et en bâtiment. On parle d’une moyenne de plus de 600 millions par année. Soyons clairs : ce sont des revenus majeurs pour les fournisseurs dans les régions du Québec, qui leur permettent à eux-mêmes d’embaucher des gens et de faire tourner l’économie. Ces investissements rapportent des revenus aux gouvernements sous forme de taxes : on parle d’un milliard pour les 6,2 milliards de contribution au PIB des fermes laitières.

Ce n’est pas non plus un phénomène localisé. Trois municipalités sur cinq comptent sur la présence d’au moins une ferme laitière. Neuf MRC sur dix. C’est-à-dire, simplement, que nous sommes partout au Québec et que nos actions contribuent à assurer la vitalité économique de toutes les régions.

Nous avons donc été vivement déçus de constater que le dernier budget du Québec ne prévoit pas de sommes pour nous appuyer dans la mise aux normes du nouveau code de pratiques. Pourtant, ces investissements, estimés à 600 millions supplémentaires, auraient permis des retombées économiques de 0,71 $ pour chaque dollar investi. Une occasion en or, non seulement de soutenir notre secteur, et donc la vitalité économique des régions, mais également d’accélérer l’économie régionale avec ces multiples chantiers rendus nécessaires. Réellement un rendez-vous manqué avec le dynamisme régional.

Qu’à cela ne tienne, nous avons par ailleurs constaté que des sommes importantes étaient prévues pour soutenir les investissements des entreprises dans le budget du ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie. Nous demandons à ce que les fermes laitières qui prévoient investir dans les prochains mois, les prochaines années puissent accéder à cette aide du gouvernement par un montant réservé à l’agriculture, un secteur qui emploie directement environ 52 500 personnes1. Il y a là une nouvelle opportunité de soutenir le dynamisme de nos régions et de faire tourner l’économie partout au Québec.

L’actualité et l’imprévisibilité concernant l’économie du Québec et du Canada en raison de nos relations avec nos voisins du Sud pèsent lourd sur les épaules des producteurs laitiers d’ici qui aimeraient avoir des certitudes quant aux investissements futurs à réaliser dans leur entreprise. Le gouvernement a un rôle à jouer à cet effet et dispose des outils nécessaires pour tendre une main bienveillante dans ce contexte difficile pour tous. Nous voulons investir dans nos entreprises et continuer de faire rouler l’économie de nos régions. Le gouvernement saura-t-il prendre la balle au bond et montrer qu’il est capable d’appuyer les acteurs qui, quotidiennement, font vivre nos régions?