Une bouffée d’air frais pour les veaux

Des recherches ont démontré que la pneumonie chez le veau, même si elle est bien traitée, peut entrainer une diminution du gain moyen quotidien, une probabilité réduite d’intégrer le troupeau, des risques plus élevés de vêler après 25 mois et de vivre des difficultés au premier vêlage. Il vaut donc mieux privilégier sa prévention que son traitement. Un air frais et sans courant d’air est essentiel!

Quelles sont les causes de la pneumonie chez les bovins laitiers?

La pneumonie n’est pas seulement due à la présence d’une bactérie ou d’un virus, c’est aussi une question de gestion. Les veaux naissent avec un système immunitaire en développement. Les anticorps de la mère ne sont pas transmis dans le placenta, les veaux doivent donc les absorber par le colostrum. Ces anticorps les protègent pendant que leur système immunitaire prend progressivement le relais. Un système immunitaire fort commence par des vaches en transition en bonne santé. Dès que possible après la naissance, le veau a besoin de 3 à 4 litres de colostrum propre et de haute qualité. Le colostrum et le transfert de l’immunité passive sont des facteurs de gestion très importants pour la santé des veaux.

Les facteurs liés au logement pour réduire les risques

L’environnement du veau a un impact sur sa santé respiratoire. Une étude de l’Université du Wisconsin a identifié trois facteurs majeurs associés à la réduction des maladies respiratoires.

1. Atteindre une faible concentration de bactéries et d’ammoniac en suspension dans l’air

Les veaux ont besoin d’air frais et propre. Mesurer la concentration totale de bactéries en suspension dans l’air n’est pas une pratique courante à la ferme, car un équipement spécialisé est nécessaire. Cependant, vous pouvez utiliser votre nez pour évaluer le taux d’ammoniac. On peut sentir l’ammoniac à une concentration de 10 ppm, mais pour les veaux, 10 ppm est déjà dangereux. Le taux d’ammoniac peut être mesuré à l’aide de bandelettes ou de testeurs numériques. L’ammoniac est un irritant chimicomécanique qui diminue l’efficacité de la clairance de l’appareil mucociliaire. Donc, si vous sentez de l’ammoniac, c’est que la concentration est trop élevée. Respirez en vous plaçant à la hauteur de la tête du veau. Vos yeux brûlent-ils? Y a-t-il trop d’ammoniac et de gaz nocifs? Y a-t-il de la poussière ou des signes de moisissure, de condensation ou d’humidité? Identifiez ces problèmes évidents.

Observez également le comportement des veaux. Présentent-ils des changements de comportement individuel ou collectif? Les veaux se regroupent-ils? Y a-t-il des courants d’air qui les touchent directement? La prolifération des bactéries en suspension dans l’air peut être réduite en augmentant la surface de l’enclos à veaux. Les veaux individuels et les veaux groupés ont besoin d’une surface de couchage minimale de 28 pieds² et 35 pieds² par veau, respectivement. L’une des causes les plus fréquentes de mauvaise qualité de l’air dans les pouponnières est la surpopulation des parcs et leur nettoyage trop peu fréquent. Il est donc recommandé d’augmenter la fréquence de nettoyage des parcs et d’ajouter une ventilation supplémentaire sans créer de courant d’air. Nettoyer les enclos une fois par semaine permettra non seulement d’éliminer la source d’ammoniac et de bactéries, mais aussi de réduire la population de mouches.

La ventilation par tubes à pression positive est un moyen simple d’améliorer la qualité de l’air dans les étables à veaux. L’air frais extérieur se diffuse par de petits trous dans le tube et se dissipe dans l’environnement des veaux sans créer de courant d’air. Ils ne ressentiront pas de courant d’air si la vitesse de l’air est inférieure à 60 pieds par minute. En hiver, un minimum de quatre renouvellements d’air par heure est requis. Par temps chaud, cette exigence passe de 20 à 40 renouvellements par heure. La vitesse de l’air doit également être augmentée de 150 à 300 pieds par minute pour lutter contre le stress thermique.

Maintenir une humidité relative inférieure à 65 % dans les étables à veaux est important pour réduire le risque de pneumonie. La meilleure façon d’y parvenir est d’utiliser des ventilateurs d’extraction adéquats pour éliminer l’humidité et les gaz ainsi qu’une petite source de chaleur pour assécher l’air durant les périodes froides. L’objectif n’est pas de chauffer l’étable pour le confort, mais simplement de contrôler l’humidité, qui devrait être de 10 °C et moins. Les veaux peuvent être protégés des températures plus froides grâce à des manteaux, une litière épaisse et une alimentation complémentaire.

Un test de fumée est un moyen simple d’évaluer objectivement la ventilation des installations intérieures. La fumée est produite en utilisant de l’huile minérale et un brumisateur d’insectes, puis en fumant les ventilateurs d’admission. La fumée introduite permet d’observer les mouvements d’air dans l’étable, d’évaluer les espaces morts et les échanges d’air. Un anémomètre est également nécessaire pour évaluer la vitesse de l’air autour du veau.

2. Installer des panneaux solides entre les veaux

Installer un panneau solide entre les veaux améliorera également la santé respiratoire, car il limite la propagation des agents pathogènes respiratoires aux animaux adjacents. De plus, l’ouverture des enclos à l’avant et à l’arrière améliore la qualité de l’air. Les panneaux doivent être faciles à laver et à désinfecter. Les nouvelles normes du Code de pratiques pour le soin et la manipulation des bovins laitiers exigeront que les veaux puissent voir d’autres veaux. Il vaut donc mieux prévoir de placer les veaux par paires ou en petits groupes à l’avenir.

3. Offrir aux veaux la possibilité de nidification dans la litière par temps froid

Un score de nidification de 3 réduit les taux de pneumonie. Ce niveau de nidification est atteint quand les pattes du veau ne sont pas visibles en position couchée. Les veaux devraient pouvoir « nicher » dans la litière pour réduire les pertes de chaleur, car ils sont vulnérables au stress dû au froid. Leur zone de neutralité thermique se situe entre 10 °C et 26 °C. Par temps froid, ils dépensent davantage d’énergie pour se réchauffer. Les veaux perdent de la chaleur par conduction. Cela signifie que la chaleur est transférée vers le bas à travers la litière. Le béton froid, le gravier et le sable augmentent les pertes par conduction. Ils constituent une bonne base, mais il faut ajouter de la litière par-dessus. La meilleure litière pour les veaux à l’extérieur dans les niches par temps froid est constituée de copeaux de bois recouverts de paille. Il faut veiller à ce que les veaux soient secs et propres. Les veaux passent 80 % de la journée allongés.

Si vous n’êtes pas sûr que les veaux ont suffisamment de litière sèche, agenouillez-vous dessus pendant 20 secondes. Si vos genoux sont humides ou mouillés, il est temps de changer la litière ou d’en ajouter. Lorsque la litière est mouillée, les besoins énergétiques du veau augmentent. Assurez-vous que les veaux reçoivent suffisamment de calories et d’énergie pour leur croissance. Un manque d’énergie entraine une perte de poids et un affaiblissement du système immunitaire, ce qui les rend plus vulnérables aux pneumonies et aux diarrhées.

Les autres aspects à considérer

La vaccination des veaux joue un rôle essentiel dans la prévention de la pneumonie. Les vaccins contribuent à stimuler le système immunitaire, à le préparer aux infections, à réduire la gravité des signes cliniques associés aux infections, améliorant ainsi la réponse au traitement. La pression d’infection (charge pathogène) dans l’environnement est donc réduite. Les programmes de vaccination doivent être adaptés à chaque élevage. Discutez de l’utilisation de vaccins intranasaux et de vaccins vivants modifiés avec votre médecin vétérinaire.

Enfin, n’oubliez pas les principes fondamentaux de la biosécurité : protégez votre troupeau contre l’introduction de nouvelles maladies. Idéalement, les veaux devraient bénéficier d’un espace d’air séparé de celui du troupeau laitier adulte afin de limiter la transmission des agents pathogènes aéroportés. Manipulez les veaux en premier, lorsque vos bottes et vos vêtements sont propres. Limitez l’accès aux installations d’élevage des veaux et favorisez des mesures de biosécurité appropriées pour les visiteurs.

Vos procédures de gestion sont essentielles pour réduire la pneumonie des veaux. Discutez de cet article avec votre médecin vétérinaire et vos conseillers en élevage laitier afin d’identifier les pistes d’amélioration.