Depuis quelques années, on remarque une nouvelle tendance : les consommateurs manifestent un appétit grandissant pour les produits laitiers riches en protéines. Dans les choix prisés des consommateurs, on retrouve notamment le lait fortifié, le yogourt, le skyr et le fromage cottage. Les chiffres parlent : dans la dernière année seulement, certains produits ont connu une forte hausse, comme le lait enrichi en protéines (+ 11 %), le yogourt (+ 6 %) et le yogourt grec (+ 20 %). Ce n’est pas sans raison que le consommateur se tourne vers la protéine laitière. Les études sont là à l’appui, le lait est une source de 15 nutriments essentiels, dont plusieurs se retrouvent en quantité insuffisante dans l’alimentation de beaucoup de Canadiens. La protéine laitière s’avère donc un choix pour une alimentation saine et complète.
Cette évolution de la demande se produit en même temps que la baisse du ratio SNG/G, liée à l’augmentation marquée de la teneur en matière grasse du lait, s’accélère à la ferme. On le sait, depuis plusieurs années, nous avons orienté nos décisions de production afin de réduire et de mieux gérer nos importants surplus de solides non gras. Or, actuellement, le ratio SNG/G diminue plus vite que prévu, mais surtout plus vite que ce dont le marché a besoin. Ceci a pour résultat de créer un décalage entre la composition du lait et les besoins du marché, générant une tension structurelle qu’il devient important de considérer.
C’est pourquoi les offices de mise en marché de P5 ont annoncé des changements pour l’hiver : une hausse de 1 % du quota cessible au 1er décembre, afin de maintenir la production actuelle de matière grasse en 2026, puis un changement à la politique de paiement à partir du 1er janvier 2026, de manière à augmenter la valeur des protéines produites jusqu’au ratio SNG/G maximal de 2,20. Ainsi, les protéines de niveau 2 seront payées au prix mensuel de la 4a plus 3,00 $ par kg, ce qui entrainera une légère baisse du prix des protéines de niveau 1. Avec ces changements, on vise à améliorer l’alignement entre la production à la ferme et les besoins du marché en protéines. Nous travaillons aussi à l’échelle canadienne pour nous assurer que nos règles de répartition des marchés nous permettent de répondre efficacement à cette croissance de la demande en protéines.
Les signaux que le marché nous envoie sont positifs et porteurs d’opportunités! Notre produit, le lait, demeure un incontournable dans l’assiette des consommateurs. Nous avons un coffre à outils qui nous permet de nous ajuster à la ferme. Notre modèle de mise en marché contribue à l’innovation, soutient le développement du secteur et assure aux producteurs des revenus stables et équitables. Nous disposons aussi de leviers efficaces et diversifiés pour stimuler la croissance des marchés, notamment la promotion des produits laitiers ou nos politiques laitières.
Les avantages de la gestion de l’offre s’accompagnent d’une responsabilité importante : celle de répondre adéquatement aux besoins du marché, et c’est ce que nous nous efforçons de faire au quotidien à la ferme, mais aussi au sein de notre organisation québécoise et de concert avec les autres provinces.