En 2024, 9 501 productrices et producteurs exploitaient 4 215 fermes laitières réparties partout sur le territoire. La production laitière représentait la principale activité agricole du Québec, générant 25 % des recettes, avec plus de 18 milliards de dollars de recettes à la ferme de 2019 à 2024, soit la période visée par l’évaluation. C’est en moyenne 3,5 milliards de litres de lait qui se sont transformés annuellement grâce à une croissance du quota de 15 % sur la période. Les 115 usines laitières se sont réparti ces volumes un peu partout sur le territoire. Ces chiffres en disent long : notre secteur est un pilier économique, vital pour le Québec et ses régions!
L’évaluation périodique, prévue tous les cinq ans, et qui cette fois-ci couvre exceptionnellement 6 années, ne se résume pas à un simple exercice de reddition de comptes. C’est un moment clé pour prendre du recul, mesurer le chemin parcouru, identifier les défis à venir et tracer la voie à suivre – toujours en gardant en tête notre mission et notre plan stratégique.
De 2019 à 2024, nous avons continué de défendre, avec conviction, la gestion de l’offre et la mise en marché collective, les piliers de notre modèle agricole. Nous avons fait preuve de constance pour augmenter et consolider les appuis et améliorer la compréhension des producteurs, transformateurs, gouvernements et acteurs d’influence de la société, sans oublier la population en général. Les différents partis politiques représentés dans les parlements au Québec et au Canada ont tous appuyé et continuent d’appuyer la gestion de l’offre. Et bien que les derniers accords commerciaux aient fragilisé notre système, nous avons réussi à obtenir des programmes d’indemnisation pour les pertes de marché encourues par le PTPGP, l’AECG et l’ACEUM, en plus d’adapter nos politiques pour nous conformer aux exigences des différents accords.
Au cours des dernières années, nous avons mené plusieurs actions concrètes pour faire avancer nos priorités stratégiques. Quelques faits saillants : introduction de la priorité régionale d’achat de quota, mise maximale en fonction de la médiane de taille des fermes, modernisation des programmes d’aide à la relève et au démarrage et révision de la politique de quota – autant d’actions pour soutenir la durabilité des fermes laitières dans toutes les régions du Québec.
Afin d’assurer la production d’un lait qui répond aux attentes de la société, nous avons lancé notre plan d’action en développement durable, donné le coup d’envoi aux projets de recherche du Laboratoire vivant – Lait carboneutre et de Méthane Québec et entamé la révision du Code de pratiques pour le soin et la manipulation des bovins laitiers.
Plusieurs actions ont aussi été déployées pour renforcer et consolider notre cohésion avec les organisations de producteurs des autres provinces. Les efforts concertés ont d’ailleurs permis, entre autres, de mettre en commun l’ensemble des revenus, de modifier la politique de paiement des composants à la ferme et de développer un programme de croissance des marchés.
Les six dernières années n’ont pas été sans obstacle, mais elles ont surtout été marquées par des chantiers et des avancées dont nous pouvons être fiers. Les résultats de la période sont le fruit des décisions que nous avons prises dans nos différentes instances ainsi que du travail collectif et individuel accompli dans nos fermes et par notre équipe d’employés.
Notre organisation et le secteur laitier ont des forces et des opportunités sur lesquelles ils pourront miser dans les prochaines années. Le modèle de mise en marché est plus que jamais pertinent pour assurer la sécurité alimentaire des consommateurs d’ici. La demande pour les produits laitiers demeure en croissance, et ce, malgré le développement de produits alternatifs de plus en plus diversifiés. Aussi, les nouvelles technologies présentent des opportunités intéressantes de développement pour le secteur.
Cela dit, nous faisons face à d’importants défis et une part d’incertitude concernant les années qui viennent.
Entre les tensions commerciales avec les États-Unis, qui soulèvent de nombreuses inquiétudes, et l’arrivée du nouveau code de pratiques, qui exige des investissements dans près de la moitié des fermes au Québec, notre capacité d’adaptation est mise à rude épreuve. Ce n’est pas la volonté qui manque, mais les défis demeurent importants, et il nous faudra des solutions claires, rapides et surtout, adaptées à notre réalité. Les actions doivent passer par une vision du gouvernement et des moyens financiers pour la soutenir. Le renouvellement imminent de la Politique bioalimentaire du gouvernement du Québec représente justement une occasion pour passer à l’action.
Dans ce contexte d’incertitude mais également d’opportunités, le bilan que nous pouvons dresser des dernières années, par cet exercice d’évaluation périodique, nous permet d’être optimistes pour l’avenir. Nous disposons d’outils collectifs pour assurer une croissance équitable de notre secteur tout en préservant nos intérêts. Notre capacité de travailler en équipe entre nous, les producteurs d’ici et des autres provinces, mais également avec l’ensemble de la filière laitière du Québec nous positionne favorablement pour relever les prochains défis. Il n’en tient qu’à nous de le démontrer et de pouvoir ainsi en témoigner lors de notre prochaine évaluation périodique, dans cinq ans.