Cet épisode fait partie de la série Chemins vers l’excellence à la ferme des Producteurs laitiers du Canada. Dan et Nina discutent de locomotion et de logement qui, tout en étant distincts, demeurent interreliés. Les chercheurs se sont penchés sur les défis passés, présents et futurs propres aux stratégies de détection, de prévention et de contrôle de la boiterie ainsi que sur l’accès à l’extérieur et ses impacts sur le bien-être animal et la perception des consommateurs.
Les défis de la détection de la boiterie
La détection de la boiterie repose traditionnellement sur l’observation humaine, qui peut être variable et subjective. Ainsi, on ne saurait trop insister sur l’importance de mettre au point des méthodes systématiques et objectives pour évaluer la mobilité des vaches. Or, bien qu’il existe des méthodes d’évaluation de base, celles-ci échouent souvent à saisir les nuances du comportement individuel des vaches. Les vaches peuvent en effet présenter différents degrés de boiterie du fait de nombreux facteurs, notamment leur environnement et leurs activités quotidiennes. Une approche universelle pour l’évaluation de la boiterie s’avère donc inadéquate.
Pour remédier à la situation, les chercheurs préconisent d’intégrer la technologie à la surveillance de la santé des vaches. Des systèmes automatisés, similaires à ceux utilisés pour la détection des chaleurs, pourraient fournir des données en continu sur la mobilité des vaches, ce qui permettrait d’intervenir rapidement. « L’un des domaines qui nous intéressent le plus actuellement […] est l’utilisation de l’automatisation pour permettre aux producteurs de détecter efficacement certains de ces cas de boiterie, d’obtenir régulièrement des bonnes données sur la boiterie de leurs vaches afin qu’ils aient accès à des données longitudinales », souligne Dan. En établissant des valeurs de référence pour chaque vache, les producteurs peuvent détecter les déviations qui pourraient indiquer une boiterie. Cela leur permet ultimement d’améliorer le bien être et la productivité de leurs animaux.
Améliorer le confort des vaches grâce à l’environnement
L’environnement physique où les vaches sont logées a un impact sur la boiterie. Les surfaces en béton souvent présentes dans les installations laitières peuvent exacerber les problèmes de boiterie. Par conséquent, les chercheurs suggèrent qu’offrir un accès à des surfaces plus moelleuses, par exemple en installant des tapis de caoutchouc ou en donnant accès à l’extérieur, peut réduire considérablement les boiteries. « Le point essentiel est de veiller à ce que les animaux puissent se tenir debout sur une surface moelleuse et sèche », indique Nina.
Un accès à l’extérieur offre non seulement aux vaches un environnement plus confortable, mais répond également aux attentes du public en matière de bien-être animal. D’ailleurs, les sondages indiquent qu’une grande majorité des consommateurs croient que les vaches devraient avoir accès à un pâturage. Cependant, de nombreux producteurs ont exprimé des inquiétudes quant à la productivité et à la faisabilité de l’accès à l’extérieur. Cette divergence met en évidence la nécessité de combler le fossé entre les attentes des consommateurs et les réalités pratiques à la ferme.
La valeur de l’accès à l’extérieur
Des recherches novatrices ont indiqué que les vaches aiment avoir un accès à l’extérieur. Elles montrent d’ailleurs souvent une volonté de pousser les barrières pour y accéder. En fait, les recherches de Nina et Dan révèlent que les vaches font autant d’efforts pour accéder au pâturage que pour obtenir leur nourriture préférée. Ces observations mettent en lumière l’importance de prendre en compte les préférences des vaches dans les pratiques de logement et de gestion.
Les résultats indiquent également que l’accès à l’extérieur n’a pas d’impact négatif sur la production laitière. Les vaches peuvent continuer à consommer des rations mélangées tout en complétant leur alimentation avec des graminées, lorsqu’on leur offre ce choix. Ces conclusions suggèrent qu’intégrer l’accès à l’extérieur aux systèmes laitiers existants peut améliorer le bien être des vaches sans compromettre la productivité.
L’avenir de la production laitière
L’avenir de la production laitière supposera probablement une combinaison de techniques d’évaluation plus performantes et de systèmes de logement améliorés. À cet égard, Dan et Nina croient que les progrès technologiques permettront de mettre au point des stratégies plus efficaces pour détecter et prévenir la boiterie. Comme le mentionne Dan : « Il s’agit d’un besoin très important de l’industrie laitière, et le potentiel est énorme. » Au fil de l’évolution de l’industrie, l’objectif demeurera de créer des environnements qui privilégient le confort et le bien-être des vaches.
Pour améliorer le bien-être animal et répondre aux attentes des consommateurs, il est essentiel de se pencher sur la boiterie et l’accès à l’extérieur chez les bovins laitiers. En utilisant pleinement la technologie et en favorisant une communication ouverte entre les producteurs et le public, l’industrie laitière pourra mettre en place des pratiques durables qui profiteront à la fois aux vaches et aux producteurs. La CRI de Nina et Dan est pour eux un excellent moyen d’étudier ces sujets cruciaux, de mieux comprendre les meilleures pratiques pour améliorer le bien-être des bovins laitiers et de contribuer à faire progresser l’industrie. Comme l’a expliqué Nina : « En plus d’être très agréable, l’expérience nous a permis de nous dépasser et de pousser la science plus loin, puisque nous avons pu travailler sur plus d’un sujet à la fois. » Les recherches en cours dans ces domaines promettent de fournir des données précieuses qui façonneront l’avenir de la production laitière.
Principaux points à retenir
- Les méthodes traditionnelles de détection de la boiterie chez les vaches laitières sont souvent subjectives, mais l’intégration de la technologie peut produire des évaluations plus fiables.
- Les surfaces en béton des installations laitières contribuent aux boiteries. Offrir des surfaces plus moelleuses et un accès à l’extérieur peut améliorer le confort et le bien-être des vaches.
- L’industrie laitière travaille actuellement à combiner des techniques d’évaluation plus performantes à des systèmes de logement améliorés pour mieux gérer la boiterie et le bien-être des vaches.