Coup d’œil sur le Conseil québécois des plantes fourragères

Depuis 36 ans, le Conseil québécois des plantes fourragères (CQPF) représente les acteurs qui gravitent autour de ce secteur agricole important et fait la promotion des nombreux bénéfices qu’apportent les plantes fourragères. On en parle avec deux représentants du CQPF.

Une richesse collective dans le champ

Le président de l’organisation, Vincent Audet, rappelle que le CQPF regroupe les gens impliqués autant dans la production, la récolte, la conservation, la transformation que la commercialisation des plantes fourragères. C’est, selon lui, en ayant tout le monde autour de la table que l’organisation pourra réaliser son ambition de développer le plein potentiel des plantes fourragères d’un point de vue à la fois agronomique, économique et environnemental.

« Les plantes fourragères représentent près de la moitié des hectares au Québec. On se fait un devoir d’en parler et on met tous les efforts nécessaires pour que ces terres soient reconnues pour leur importance et la richesse qu’elles créent. Peu d’activités liées aux ressources naturelles peuvent se vanter de créer autant de valeur que l’agriculture et, en particulier, les plantes fourragères », explique-t-il.

Le président précise que les bénéfices issus des plantes fourragères profitent aux producteurs, mais aussi à l’ensemble de la population. « Les plantes fourragères ne servent pas juste à nourrir les animaux, dit-il, elles rendent de grands services écosystémiques à la société. L’important, c’est d’abord d’aller chercher le maximum de chaque champ pour que les plantes fourragères deviennent un choix logique pour les producteurs. Ils ne peuvent pas faire quelque chose qui n’est pas rentable. »

« La question que les producteurs peuvent se poser, poursuit-il, c’est : combien y a-t-il de litres de lait dans un hectare de plantes fourragères pérennes bien entretenu et bien cultivé? » Son collègue Serge Pageau, agent de concertation principal, renchérit : « Dans un contexte où les coûts de production augmentent, les plantes fourragères ont aussi un effet sur la rentabilité. Vient ensuite l’impact écosystémique de choisir la culture fourragère. » Les deux représentants du CQPF mentionnent notamment la santé des sols, la séquestration du carbone, la diminution de l’érosion et des besoins en pesticides.

« Ce sont des services rendus à toute la société et qui profitent à tout le monde, souligne Vincent Audet. Eh bien, un service, normalement, ça se paye. C’est ce qu’on veut faire reconnaître. »

Des événements enrichissants

Le CQPF pilote des activités ayant pour but de favoriser le réseautage entre ses membres et le transfert de connaissances. L’organisme a notamment organisé en mai dernier la Tournée sur les plantes fourragères, un événement qui a lieu dans une région différente chaque année, et qui était auparavant sous la responsabilité du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ). « On a visité 7 fermes, dont 4 fermes laitières, et un centre de recherche en Chaudière-Appalaches. 111 personnes ont participé, autant des conseillers, des producteurs que des chercheurs. Donc, on peut dire que c’est un succès », nous apprend Serge Pageau. Les agriculteurs hôtes étaient invités à présenter des pratiques et à partager leur expérience avec les participants. L’agent de concertation principal souligne d’ailleurs l’importance d’aller voir concrètement comment ça se passe sur le terrain. « Parfois, la science recommande de poser une action en particulier, mais le producteur va choisir de faire les choses différemment parce que dans sa réalité, ça fonctionne mieux d’une autre façon », dit-il.

« C’est grâce à ce type d’événement que les gens discutent, se challengent et remettent en question leurs croyances en regardant ce que les autres font. C’est comme ça qu’on avance et qu’on résout des problèmes », ajoute Vincent Audet. Ce dernier prend pour exemple un producteur de lait qui expliquait devoir composer avec cinq types de sol dans un champ. Il précise : « Dans l’idéal, il lui faudrait la meilleure plante pour chaque type de sol, mais dans la réalité, quel choix peut-il faire pour aller tirer le meilleur de son champ? C’est un défi. »

De plus, le CQPF a participé récemment à l’Expo-Champ, et il organise la Journée à foin qui aura lieu le 23 septembre prochain à l’ITAQ de Saint-Hyacinthe. Des démonstrations et des ateliers réalisés directement sur les parcelles de l’ITAQ sont prévus ainsi que des conférences sur la hauteur de fauche, les plantes-abris, l’implantation des prairies et l’application de soufre dans les plantes fourragères. Pour obtenir plus de détails, visitez le site cqpf.ca.

Des projets en cours

Pour assurer la vitalité du secteur fourrager, le CQPF mène différents projets. L’un d’eux touche le développement d’une méthodologie de caractérisation des superficies en plantes fourragères au Québec. Vincent Audet explique : « On sait qu’un peu moins de la moitié des hectares agricoles au Québec sont utilisés pour cultiver des plantes fourragères. Mais, est-ce que ce sont des pâturages, des pâturages améliorés, des prairies? Est-ce que les champs sont fauchés, récoltés mécaniquement? On a besoin de détails et de chiffres pour nous aider à soumettre des demandes claires et précises au gouvernement. »

L’organisation compte analyser des cartes satellitaires, des données provenant des municipalités et se rendre directement dans les champs pour obtenir des informations utiles. « Si on veut provoquer un changement de règlement ou obtenir de l’aide gouvernementale pour soutenir les producteurs dans leurs bonnes pratiques, on a besoin de développer des modèles permettant d’identifier comment les sols sont utilisés », poursuit le président.

Comment devenir membre du CQPF?

En devenant membre du CQPF, vous vous assurez d’être bien représenté, vous soutenez le développement du secteur des plantes fourragères, vous contribuez à la réalisation des projets de l’organisation et au transfert des connaissances. Habituellement, le coût est de 52 $ par année, mais actuellement, vous pouvez profiter d’un tarif préférentiel de 18 $ + taxes. Ça vous intéresse? Visitez la section « Devenir membre » du site cqpf.ca et utilisez le code LAIT2025 à l’endroit indiqué avant le paiement.