5 octobre 2026 : rendez-vous électoral au Québec

À l’approche de la campagne électorale, les candidats des différents partis politiques viendront à notre rencontre afin de solliciter notre appui pour obtenir l’un des 125 sièges disponibles à l’Assemblée nationale du Québec. Ce moment de rencontre sera une occasion privilégiée pour participer à la vie démocratique, faire entendre notre voix et démontrer toute l’importance du secteur laitier québécois.

Cette campagne est l’occasion de rappeler aux partis politiques que nous, producteurs de lait, sommes un moteur économique essentiel au Québec. En plus d’être présents dans 3 municipalités sur 5 et dans 9 MRC sur 10, nous soutenons près de 66 000 emplois, générons des retombées de 6,1 milliards de dollars pour l’économie et des recettes fiscales de plus de 1 milliard de dollars annuellement. Aussi, chaque année, nous investissons 650 millions $ directement dans nos fermes pour l’achat d’équipement et de bâtiment. Pour chacun de ces dollars investis, 0,71 $ reste dans nos régions.

Ne l’oublions pas : la production laitière est le pilier de l’agriculture québécoise. Nous nous classons au premier rang des secteurs agricoles et représentons près de 25 % des recettes agricoles totales. Notre leadership se confirme également à l’échelle canadienne : le Québec produit plus de 36 % du lait du pays et s’impose comme un chef de file de la transformation laitière, avec plus de 70 % des yogourts, près de la moitié des fromages et plus de 44 % de la production laitière biologique du Canada.

Mais notre contribution au Québec va bien au-delà de l’économie. Présents au cœur de nos communautés, nous soutenons annuellement des centaines d’initiatives culturelles, sportives et gourmandes, favorisons les saines habitudes de vie et appuyons la jeunesse et la relève. Nous avons aussi, en partenariat avec les transformateurs, les transporteurs et les Banques alimentaires du Québec, un généreux programme de dons de lait qui fait parvenir, tout à fait gratuitement, des produits laitiers aux citoyens dans le besoin. Depuis 2002, notre programme a permis de donner plus de 20 millions de litres de lait afin de soutenir les familles québécoises et combattre la faim.

La campagne électorale sera aussi le temps de rappeler aux élus potentiels à quel point la production laitière au Québec contribue à assurer notre sécurité et notre autonomie alimentaire. Nous avons vécu plusieurs crises politiques, économiques et sanitaires dans les dernières années qui nous ont fait réaliser que la sécurité alimentaire est, plus que jamais, importante. Notre modèle de production, la gestion de l’offre, permet de répondre à cette sécurité alimentaire en assurant une production stable et prévisible. Elle permet aussi de fournir un lait local, savoureux, abordable, nutritif et durable, qui satisfait les attentes des consommateurs.

Dans les prochaines semaines, nous devons interpeller les candidats et leur demander qu’ils continuent de reconnaître l’importance du secteur laitier et, surtout, qu’ils s’engagent à le soutenir tant politiquement que par des actions concrètes. Les prochains élus devront maintenir la position de l’actuel gouvernement : que la gestion de l’offre soit placée à l’intérieur d’une ligne rouge et que, conformément à l’engagement du premier ministre Carney et à la loi C-202, elle ne soit pas sur la table lors de la révision de l’ACEUM ni toute autre négociation commerciale. Les partis politiques québécois devront aussi s’engager à défendre et protéger la mise en marché collective qui, elle, est entièrement de leur responsabilité. Ils devront être conscients que la vitalité de notre secteur repose sur sa capacité d’agir en groupe. Cette solidarité nous permet de nous doter d’outils pour répondre aux attentes des consommateurs, tout en assurant des conditions de mise en marché justes, équitables et avantageuses pour l’ensemble des producteurs. La première ou le premier ministre élu en octobre devra s’engager à monter personnellement au front chaque fois que ce sera nécessaire.

Nous avons appuyé les objectifs de la Politique bioalimentaire 2025-2035 – Nourrir nos ambitions qui souhaite promouvoir des investissements pour rendre compétitives, innovantes et durables les entreprises agricoles. Se doter d’une vision ambitieuse est une chose, fournir les moyens de la concrétiser en est une autre. Car, au-delà des intentions exprimées, le budget 2026-2027 du gouvernement du Québec maintient le statu quo en matière de financement pour le secteur agricole. Cette situation est d’autant plus décevante quand on réalise que les dépenses du portefeuille agricole québécois représentent moins de 1 % des dépenses gouvernementales, alors que les principales puissances agricoles ailleurs dans le monde consacrent en moyenne près de 2 % de leur budget de dépenses à ce secteur. Il faut minimalement faire pareil au Québec! Les partis doivent s’engager à maintenir la Politique, mais aussi donner au secteur les moyens de mettre en œuvre ses objectifs.

Nous avons rappelé à plusieurs reprises au gouvernement que des milliers de fermes laitières québécoises devront réaliser d’importants investissements afin de se conformer aux nouvelles exigences du Code de pratiques pour le soin et la manipulation des bovins laitiers, qui entreront en vigueur en avril 2027. Or le fardeau financier de cette transition ne peut reposer uniquement sur nos épaules. L’État a un rôle essentiel à jouer en nous accompagnant dans les efforts d’amélioration et d’innovation que nous entreprenons dans nos fermes. Il lui revient de nous appuyer face aux attentes croissantes de la population, dont celles reliées au bien-être animal. Cela signifie mettre en place des mesures concrètes. Notamment, nous demandons la création d’un programme de soutien dédié au bien-être animal, doté d’une enveloppe de 110 millions de dollars sur trois ans ainsi qu’une bonification et l’accès au Programme Investissement Croissance Durable de la Financière agricole du Québec. Investir en agriculture, c’est investir pour soutenir les régions du Québec, tout en contribuant à la vitalité économique de la province.

La campagne électorale est une excellente occasion pour demeurer proactifs et faire part de nos préoccupations et des enjeux qui touchent la production laitière. Nous avons besoin de l’engagement du gouvernement québécois pour relever les défis qui nous attendent. Nous avons besoin de lui pour continuer à nourrir la population avec des produits sains, mais aussi pour soutenir le développement et la vitalité du Québec. On ne doit jamais perdre de vue que nous faisons bien plus que produire du lait : nous bâtissons l’avenir ici même, dans toutes nos régions.